Pour ce blog, caricatures et citations de chroniqueurs établis s’associent dans une même invitation à fréquenter les auteurs et les autrices dont les écrits explorent les travers ou les obscurités de l’âme humaine…
Y a pas à dire...
... ou mieux dit par d'autres

Sonia Devillers
En 1943, les Nazis s’emparent du piano Érard de la famille Enoch, les grands éditeurs de musique de l’époque. Il va rejoindre les milliers d’autres de la grande razzia des instruments mise en place par le musicologue SS Herbert Gerigk, dont le grand projet d’aryanisation de la musique comprend l’assainissant de toute influence juive.

Yannick Haenel
La première prérentrée au collège Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie commence mal pour Jean Deichel. La femme de l’accueil, puis le principal et ensuite son assistante semblent s’être mis d’accord pour lui pourrir son arrivée. Avec la sixième qui lui est confiée, il comprend qu’il n’a pas les outils, surtout psychologiques, pour assurer le contrôle des élèves face à lui.

Charlotte Milandri
« On » est le personnage suprême du roman. « On » est souverain dans le bel immeuble qui loge toute la grande lignée ancrée dans ses hautes valeurs et ses privilèges, à la fois un bloc qui existe en bonne éducation bourgeoise dans les étages, qui reçoit la superbe éducation catholique, qui partage les mêmes distractions, qui apprécient les mêmes restaurants, qui part ensemble dans les Alpes l’été, qui se complaît dans le contentement du patrimoine familial.

Anne Godard
« On » est le personnage suprême du roman. « On » est souverain dans le bel immeuble qui loge toute la grande lignée ancrée dans ses hautes valeurs et ses privilèges, à la fois un bloc qui existe en bonne éducation bourgeoise dans les étages, qui reçoit la superbe éducation catholique, qui partage les mêmes distractions, qui apprécient les mêmes restaurants, qui part ensemble dans les Alpes l’été, qui se complaît dans le contentement du patrimoine familial.

Laura Kasischke
Le 16 juillet 1969, tous les regards dans ce coin du Michigan, comme partout ailleurs, sont tournés vers la Lune sans se rendre compte qu’un petit garçon de cinq ans vient de se noyer dans une piscine municipale pourtant bondée.

François-Henri Désérable
Arun a huit ans quand il arrive en 1998 de Delhi. Pas le Delhi des hautes classes, mais le Delhi des bidonvilles et des déchets. Dans la famille bourguignonne qui l’adopte, le restaurant est le lieu de toutes les expériences gustatives. Surtout celle du vin.

Éric Vuillard
De William Henry Bonney, dit Billy the Kid, on ne sait pas grand-chose. Et du peu que l’on sait, on n’en est même pas sûr.

François Bégaudeau
Dans une ville de la côte normande, Dieppe peut-être, deux frères expriment leur désintérêt pour l’école en traînassant de potes en potes, en déconnant pour faire passer l’ennui, en fumant ici ou là.

Anna Hope
Le patriarche est mort. Mais le tombeur sans scrupule et père déserteur, Philipp Brooke, est loin d’être regretté. Sauf qu’il laisse un vaste domaine dans le Sussex dont sa veuve ne veut, elle, plus rien entendre.

Delphine de Vigan
La vie de Romane Monier est tout entière dans son smartphone, c’est ce qu’elle permet à Thomas de convenir en glissant son portable dans son manteau pendant un moment arrosé dans un café avec un ami.

Michael Connelly
Une jeune fille est retrouvée morte, son ex-petit-ami est accusé d’avoir perpétré le crime sous l’influence d’une intelligence artificielle. Mickey Haller, demi-frère du détective Harry Bosch du L.A.P.D., est maintenant un avocat de parties civiles.

Jean-Michel Ribes
Une pensée sur l’homme sans femme, l’invitation à revoir son Pascal, la note de gaz en plus ; la revisite d’une liaison sur sa fin par une maîtresse tranquillement installée sur son balcon pendant que son amant s’y accroche désespérément ;

Élise Lépine
Au « rocher des condamnés », sur une plage isolée de Casablanca, il y a ces courants à la marée montante qui ne ramènent pas vers le littoral, mais emportent au large.

Céline Navarre
Lily, la narratrice, aime le cinéma. Le cinéma pose partout des références sur ses réflexions. Il est de tous les moments de son existence, les agréables comme les déchirants, les douloureux, les accablants.

Antoine Sénanque
À la Kolyma, il fait froid. Très froid. Parfois -70º dans le crématoire blanc comme on l’appelle en Sibérie. Les détenus que l’on envoie là-bas survivent tant bien que mal, quand ils survivent.

François Ozon
Il y a L’Étranger d’Albert Camus et maintenant L’Étranger de François Ozon. Un « arabe » y est tué dans les deux par Meursault, toujours aussi désinvolte, qui ne pleure toujours pas la mort de sa mère.

Emmanuel Carrère
Ramener les matelas pour dormir dans la chambre des parents quand le père était absent, l’auteur et ses deux sœurs, c’était faire kolkhose. Dès lors, faire kolkhose est aussi rappeler tous les souvenirs de la famille Zourabichvili, avec ses ombres terribles comme ses illustres grandeurs quand Hélène devient Carrère d’Encausse.

Laurent Mauvignier
Il y a le piano dans la maison vide, le mastodonte que tout le monde évite pour ne pas faire remonter les notes malfaisantes du passé, puis la commode dans les tiroirs de laquelle pointent des photos où Marguerite est rageusement rendue invisible.

Aline Desarzens
Quatre périodes historiques pour approcher la compréhension d’un très court fragment de vers laissé par une jeune fille inconnue. La Grèce de 600 ans avant Jésus Christ d’abord, dans l’île de Lesbos, au moment même de la création de ces mots par Thyrcée, seize ans, promise à se marier contre sa volonté, et le secret qu’ils proposent à travers le temps.

Roberto Saviano
Deux explosions, entre les deux, cinquante années de violences orchestrées par la mafia en Sicile. La première en 1943 lorsqu’une bombe américaine explose malencontreusement en pleine tentative de désamorçage, laissant orphelin à treize ans le petit Salvatore, dit Toto Reina, la seconde le 23 mai 1992 sous l’autoroute au passage de la voiture du juge Giovanni Falcone et de son épouse Francesca Morvillo, ainsi que trois hommes de leur protection.
