Boston 1941, Janet n’en peut plus de son père tyrannique. Et sa mère n’est pas au mieux. Heureusement, George, son poète de frère, l’encourage à fuir l’emprise paternelle et la soutient dans son désir d’aventure journalistique à New York. Écrire y devient son objectif à l’instar de son modèle Nelly Bly, même si la concurrence est plus que rude. Mais très vite exaspérée par ses articles qui peinent à être reconnus, elle part pour Washington DC sur le conseil d’un confrère comme ses intérêts d’écriture la portent vers les sciences neurologiques, plus spécialement vers la chirurgie qui les approche. Là, le grand spécialiste du moment, le docteur Walter Freeman, professe les avantages de la lobotomie. Lors d’une démonstration devant la presse, Janet est fortement impressionnée. Ça tombe bien, le fameux docteur aime impressionner les journalistes. La vie personnelle de Janet se complique bientôt lorsqu’elle tombe enceinte du rédacteur en chef du Washington World où elle propose désormais ses articles, celui-ci non seulement choisit de ne pas reconnaître l’enfant, mais la relègue à des sujets de seconde zone. Bien que toujours attachée à suivre les expériences du docteur Freeman, les nombreuses lobotomies manquées qu’il passe sous silence lui font peu à peu réaliser les méfaits de cette même psychochirurgie qui l’avait tant enthousiasmée.
Le Nobel des massacreurs de Claudine Desmarteau, Éditions Gallimard