Les barbouzes ne sont plus ce qu’ils étaient. Autrefois, ils fomentaient des coups de mains, des soulèvements, des putschs, étaient payés et s’en allaient vers d’autres renversements à exécuter. Le grand-père de Flora qu’elle révérait était de ceux-là. Fake news, cyber attaques et autres guerres numériques sont les moyens premiers des mercenaires d’aujourd’hui. Après avoir quitté la plongée où elle excellait, la jeune femme entraîne désormais les récentes recrues d’une agence d’agitations installée à Nice par Ronald Daume, un ami d’enfance du richissime Marvin Glowic, à la fortune réalisée par un moteur de recherche devenu hégémonique. Le milliardaire californien demande à son ami baroudeur de toujours d’organiser par de la désinformation soutenue un coup d’État dans le sultanat de Brunei. Pourquoi Brunei ? Pourquoi pas, puisqu’il le veut. Aussi parce qu’on y exploite du pétrole et que le petit État de jungle coupé en deux sur la côte nord de Bornéo est sur le passage des containers passant par la mer de Chine.
« Glowic est tout simplement l’un des hommes les plus riches du monde, l’un des plus puissants, et qui, parce que les États lui imposent des contraintes fiscales et économiques, préférerait s’en offrir un où il pourrait agir à sa guise. Son choix s’est porté sur Brunei, petite principauté de l’océan Indien. À Daume de lui apporter ce pays, clés en main. Pour mener son projet à bien, celui-ci retrouve Flora, nageuse chevronnée avec qui il a été associé dans des opérations dont on comprend qu’elles n’ont pas toutes été couronnées de succès. Ensuite il crée son agence, joli mot pour dire officine clandestine, l’installe à Nice et recrute des spécialistes, – géopoliticien, analyste financier, informaticien – prodiges. » 1
« Cette fois, il n’imagine rien moins qu’un coup d’État perpétré par des géants du numérique dans la jungle, sur les rivages de la mer de Chine méridionale, au sultanat de Brunei sur l’île de Bornéo, dans un véritable décor de Mille et Une Nuits avec ses ors et ses palais, où tous les habitants semblent couler des jours heureux. Mais en creusant, il apparaît que la charia accordée aux fondamentalistes pourrait poser problème, que la cohabitation entre les Chinois et les Malais n’est pas si aisée et qu’une chape de contrôle plane au-dessus de la canopée. » 2
« En principe, la réussite d’un putsch passe par la violence. Mais désormais, quelques fake news et des manipulations peuvent suffire à déstabiliser un gouvernement. En Californie, Ronald Daume, directeur d’une agence de renseignements à Nice, retrouve un ami d’école, Marvin Glowic. Créateur d’un moteur de recherche, celui-ci est devenu un des hommes les plus riches de la planète. Un de ces fameux libertariens de la tech qui rêvent d’acquérir un territoire. Or Daume lui propose mieux : un coup d’État « clés en main » sans bain de sang. Cette offre inattendue séduit Marvin. Le choix du lieu se porte sur le petit sultanat de Brunei, au nord de l’île de Bornéo. » 3
« Dans D’or et de jungle paru le 7 février, l’académicien voyageur mêle avec virtuosité, le roman d’aventures et l’anticipation. Il imagine qu’un géant californien des nouvelles technologies fait équipe avec les mercenaires d’une agence de sécurité privée. Le premier, libertarien, veut expérimenter sans entrave, au-delà de ce que les démocraties occidentales autorisent. L’agence lui propose un coup d’État numérique clef en main. Leur idée ? Acheter un État. Ils choisissent le sultanat de Brunei et font subir à ce petit pays d’Asie, une campagne de déstabilisation à base de fake news. » 4
« Marvin, milliardaire californien du numérique, jette son dévolu sur le confetti asiatique bien réel — de la taille de la Corrèze —, situé dans la jungle de Bornéo, richissime royaume musulman incarné par un palais aux 1 788 pièces, avec toilettes en or, mais qui voit sa manne pétrolière s’amenuiser et sa charia peser sur une petite société très inégalitaire. De quoi organiser une déstabilisation avec l’aide d’une agence de mercenaires sans scrupule pilotée par le redoutable Ronald, barbouze à l’ancienne recyclé dans la guerre hybride. Installée à Nice, sa fine équipe de l’ombre compte un vieil universitaire à moumoute spécialiste de Trotski et des révolutions, un duo de geeks surdoués dévoreurs de pizzas et une jeune nageuse de combat intrépide, qui part sur le terrain flanquée d’un amical gitan tatoué… » 5
D’or et de jungle de Jean-Christophe Rufin, Éditions Calmann-Lévy
1 Étienne de Montety, Le Figaro, 8 février 2024
2 Laurence Bertels, La Libre Belgique, 24 février 2024
3 Claire Julliard, L’Obs, 15 février 2024
4 Marie-Claire Raymond, La République du Centre, 17 février 2024
5 Marie Chaudey, La Vie, 8 février 2024