Y a pas à dire...

... ou mieux dit par d'autres

Barbara Kingsolver

Demon Fields, surnommé Demon Copperhead à cause de ses cheveux roux, est en ferme d’accueil chez un vieux propriétaire sadique qui cultive du tabac, quand il apprend le jour de ses onze ans la mort de sa mère d’une overdose d’OxyCotin. Ces pilules, le jeune garçon y a déjà lui-aussi touché dans ces « pharmacy parties » que l’un des autres hébergés comme lui dans la place organise. Les services sociaux placent bientôt Demon dans une famille à l’accueil à peine meilleur que celui du vieux fermier, le violent mari de sa mère, son beau-père de fait, ayant vite tourné la page. Les voisins de son ancien logement avec sa mère qui auraient pu éventuellement le prendre chez eux sont trop fatigués et écrasés par leurs propres problèmes tandis que la vague des opioïdes commence à faire rage dans le Conté.

« Demon Copperhead a 10 ans et le visage des « Melungeons », ces métis des premiers temps de la colonisation, issus des amours des esclaves noirs, des Indiens et des Blancs pauvres : peau brune, cheveux roux, yeux verts, Demon est un concentré d’Amérique. Tout de suite, il vous raconte ce que c’est que grandir dans une caravane auprès d’une mère tellement droguée que c’est vous l’adulte de la maison – et à travers son récit apparaît l’Amérique rurale des Appalaches, ses solidarités, ses lieux dangereux, le torrent de drogue sur ordonnance déversé sur elle par des entreprises pharmaceutiques. Ces fameux opioïdes qui tuent plus de 100 000 Américains chaque année. » 1 

« En colère, affamé, exploité, battu, bavard, blessé, plein d’humour et d’hormones en ébullition, Demon Copperhead est, comme on dit outre-Atlantique, plus grand que la vie. Beaucoup plus grand que les pages du dernier livre de l’Américaine Barbara Kingsolver: l’adolescent déborde, il éclabousse, se met en boule, broie quiconque s’aventure à le lire, puis nous recolle un peu à l’arrache, tape dans le dos en prime. Tellement grand, d’ailleurs, qu’il s’est « mis au monde tout seul », comme l’affirme l’incipit du livre qui porte son nom. » 2

« Situé dans les années 1990 et au début des années 2000, Demon Copperhead est une version contemporaine de David Copperfield, le roman d’inspiration autobiographique de Dickens. Damon Fields (surnommé Demon Copperhead en raison de ses cheveux roux) est né d’une mère célibataire adolescente en Virginie qui, après avoir épousé un homme violent, meurt d’une overdose le jour du 11e anniversaire de Demon. » (traduit de l’anglais) 3

« Damon Fields, alias « Demon Copperhead », est l’un de ces enfants « qui survivent », il est la voix éloquente et souvent humoristique de cette histoire. Copperhead fait référence à ses cheveux roux flamboyants, à peu près la seule chose que son père lui ait léguée. L’homme étant parti bien avant la naissance du garçon. Damon vit avec sa mère toxicomane dans une caravane simple appartenant à la famille Peggot qui habite de l’autre côté de la route. La maternelle Mme Peggot garde un œil sur ce qui se passe dans la caravane, sachant, comme elle l’observe, que la mère de Damon n’est aucunement capable de prendre soin d’elle-même, encore moins d’un enfant. Dès son plus jeune âge, Damon en prend conscience également. Mais les Peggots offrent à Damon une sorte de famille élargie, offrant acceptation, même affection à un garçon qui aspire à être aimé. Ils partagent généreusement ce qu’ils ont tout en affrontant leurs propres défis. Mais c’est le comté de Lee, en Virginie. C’est la maison. Comme le note Damon, « la plupart des familles vous pardonneraient d’aller en prison plutôt que de quitter le comté de Lee. » » (traduit de l’anglais) 4

« Tous les éléments clefs sont là, l’enfant orphelin, les défaillances du système, les nombreux visages de la pauvreté endémique, mais aussi la lumière, la générosité inattendue et l’héroïsme ordinaire de ceux qui trouvent le courage de rester bons et droits malgré la précarité et les injustices. Même les personnages sont calqués sur ceux de Dickens, et chaque épreuve relevée par David aura son miroir dans la vie de Demon, devenu ici Melungeon 1 et accro à l’OxyContin, parce que la crise des opioïdes est là, inévitable, en toile de fond. » 5

« Damon Fields naît sur le carrelage en vinyle d’un mobil-home, dans une vallée du sud des Appalaches. Sa mère, dépendante aux opioïdes, lutte pour conserver son emploi chez Walmart. Son père, Damon ne l’a jamais vu, tient de lui sa chevelure rousse et le surnom qui en découle : Démon Copperhead. À l’exception des Peggot, leurs voisins de mobil-home, et de leur fils Maggot, Damon ne peut compter que sur lui-même. Quand sa mère lui impose un beau-père violent, et meurt à la suite d’une overdose, son enfance déjà fragilisée vole en éclats. À 11 ans, placé chez un fermier peu scrupuleux qui l’exploite sur ses plantations de tabac, Damon rêve de devenir adulte, car « c’est tellement plus sûr que d’être un enfant ». Chez M. Crickson, alias « Creaky », il se lie néanmoins d’amitié avec Tommy, comme lui orphelin, et Sterling Ford, alias «Fast Forward», star de l’équipe de football du coin qui l’initie, au cours de ses « pharmacy parties », à la consommation de drogues. » 6

On m’appelle Demon Copperhead (Demon Copperhead) de Barbara Kingsolver, traduit de l’anglais par Martine Aubert, Éditions Albin Michel

1 Alexis Brocas, La Tribune Dimanche, 11 février 2024

2 Isabelle Hanne, Libération, 10 février 2024

3 Mia Levitin, Financial Times, 29 octobre 2022

4 Joan Gaylord, The Christian Science Monitor, 25 octobre 2022

5 Rafaële Germain, La Presse, 19 janvier 2024

6 Laëtitia Favro, Lire – Magazine Littéraire, février 2024

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