Y a pas à dire...

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Justine Triet

Un homme gît, mort, dans la neige sous le balcon d’un chalet. Il est vite établi par la police que l’écrivain en manque de reconnaissance ne s’est pas tué par accident. La thèse du suicide est également mise en doute. Sa femme, qui, elle, est une autrice aux livres célébrés, devient pour les enquêteurs la coupable potentielle. La vie très libre qu’elle affiche ouvertement expose les problèmes du couple qui auraient entraîné la chute mortelle de son mari. Le procès qui s’ensuit épluche dans les moindres détails non seulement leur relation intime en dissolution, mais plus encore les traits psychologiques d’une femme aux succès de librairie qui lui font s’exprimer de manière froide et suffisante. Sans de véritable preuve pour la condamner cependant, le tribunal fait comparaître le seul témoin du drame, leur fils. Malgré sa malvoyance qui pourrait teinter sa déposition d’un certain scepticisme, il en vient à porter devant tous un plus clair regard sur la situation. 

« Un jour, pas longtemps après s’être disputé avec Sandra, Samuel est retrouvé mort sur la neige après être tombé mystérieusement du dernier étage du chalet. Sandra et Daniel ont à peine le temps d’encaisser le choc que la police et les médias se mettent déjà à la recherche d’un coupable. La thèse de l’accident étant rapidement écartée, il reste les hypothèses d’un suicide ou encore d’un meurtre. Soupçonnée d’avoir provoqué la mort de son mari, Sandra devra aller prouver son innocence au tribunal, dans un procès où les moindres détails de sa vie conjugale seront divulgués. » 1

« C’est l’histoire d’une chute. Mais de quelle chute s’agit-il ? Celle d’un homme, écrivain frustré, retrouvé mort dans la neige à la suite d’une violente dégringolade – point de départ d’une enquête visant sa compagne soupçonnée de l’avoir tué ? Ou celle de ce couple dont on découvre l’intimité à travers un procès cherchant à éclaircir les circonstances du décès, et qui va révéler les failles d’un amour gangrené par l’envie et la frustration ? » 2

« Tout part d’un corps sans vie retrouvé au pied d’un chalet montagneux après cette chute qui donne son titre au film. Cet homme c’est Samuel, aspirant à une carrière littéraire dans laquelle sa femme – et mère de leur fils malvoyant Daniel – Sandra excelle. De quoi ajouter de la frustration dans un couple où le quotidien a fini par faire naître le lent poison du désamour ? De quoi faire de Sandra la coupable idéale de ce possible meurtre ou expliquer qu’à bout, Samuel ait décidé de suicider ? » 3 

« Sandra, une autrice acclamée, vit à la montagne avec son conjoint Samuel, un écrivain frustré, et leur jeune fils, Daniel, qui est malvoyant. Lorsque le corps sans vie du second est découvert gisant dans la neige, la suspicion s’empare des autorités. C’est que, au gré des révélations, la thèse de l’homicide et celle du suicide s’avèrent aussi probantes l’une que l’autre. Tandis que Sandra se retrouve au cœur d’un procès hypermédiatisé, Daniel revisite ses souvenirs. Ce que l’enfant a entendu le jour fatidique contribuera-t-il à innocenter ou à condamner sa mère? »4

« “‘Came out’, ça ressortait comme vous dites…” Au cours du procès de Sandra (Hüller), romancière de renom mise en examen après la mort mystérieuse de son mari, écrivain frustré, l’avocat général (Antoine Reinartz) ne cessera, comme un chat qui fait joujou avec sa proie, de reprendre les mots de l’accusée comme pour en mépriser la richesse. » 5

« Dans Anatomie d’une chute, il est question d’un homme retrouvé inerte devant chez lui par son fils, Daniel. Comment est-il mort ? Très vite, tous les soupçons se portent sur son épouse Sandra Voyter, la mère de Daniel, interprétée par la magistrale actrice allemande. À partir de là, Justine Triet décortique la machine judiciaire et dissèque avec brio les tourments de la vie à deux, les ambitions sacrifiées, tout ce qui fait craqueler un couple et vaciller une famille. » 6

« Ce thriller judiciaire décortique le procès d’une écrivaine et mère d’un enfant malvoyant, soupçonnée d’avoir tué son mari. Dans l’enceinte d’un tribunal, comme un puissant révélateur de stéréotypes ancrés, la cinéaste ausculte l’égalité dans le couple, les malentendus que peuvent créer le déséquilibre professionnel, le rapport à la maternité, les jugements portés sur les femmes accomplies qui ne s’excusent pas d’être qui elles sont. « On y juge la liberté d’une femme qui, sûre d’elle et dominante dans le couple, ne suscite aucune empathie, explique la réalisatrice. Au regard de la société, elle n’a rien de la victime mais tout de la coupable. » » 7

Anatomie d’une chute de Justine Triet, avec Sandra Hüler, Swann Arlaud, Milo Machado, Samuel Theis, Antoine Reinartz

1 Maxime Demers, Le Journal de Montréal, 28 octobre 2023

2 Emily Barnett, Marie-Claire, 8 janvier 2024

3 Thierry Chèze, Première, mai 2023

4 François Lévesque, Le Devoir, 20 octobre 2023

5 Marilou Duponchel, Les Inrockuptibles, septembre 2023

6 Valentine Servant-Ulgu, Vanity Fair, 31 janvier 2024

7 Marilyne Letertre, Madame Figaro, 18 août 2023

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